Se mettre au verre

Se mettre au verre

Je viens ici reprendre mon jeu de mot que je vous est offert dans ma présentation personnelle.

devenir éco(logique)  plutôt qu’éco(nomique)

Cela pour dédramatiser le défi qui se joue à notre époque. Se mettre au vert et réduire les racines du mal de notre siècle: les conflits et la violence qui détruisent la vie, notre vie et la nature...

Difficile de traiter ce sujet fort délicat et oh combien sensible. Je ne souhaite pas ici juger ou imposer un quelconque avis mais seulement proposer une piste, ouvrir un débat, inviter à être interrogatif et se laisser infuser par ce que je vais écrire.

Pour moi, se mettre au vert est d’être conscient que les 2 grandes causes de la violence sont les peurs et le manque de confiance en soi.

La première est, je pense évidente, pour tout le monde. Peur de manquer, peur d’être envahi, peur de perdre, peur de l’autre, peur de la différence, peur de la nouveauté, peur de…  implique une réaction de notre cerveau primitif qui se traduit le plus souvent par de la violence direct (vers l’autre) ou indirecte (vers soi) puisque les 4 réflexes de survie sont combattre, se soumettre, figer ou fuir. Dans notre monde, il est valeureux et courageux de se battre. C’est la valeur sure, pilier même de notre économie capitaliste et de notre système de compétition. Comment donc sortir de cette croyance qui nous a pourtant été utile à bien des moments ?

La seconde est dans la droite lignée de la première, c’est le manque de confiance et d’estime de soi. Plus difficile à digérer cette fois. Bien oui, c’est moins noble, manquer de confiance, c’est l’inverse du chevalier courageux sus nommé. Sachez que je joue avec les mots mais cette connaissance m’inspire plus de tristesse et d’empathie que de l’envie d’en rire. Je reste bien inquiet et sensible à une telle situation.

Vous observez ici que ces deux causes reposent plus sur un système de pensée,  une culture, un dogme quoi… qui est maintenant révolu et en perte de vitesse mais qui résiste. Se mettre au vert signifie donc de se poser cette question.

Comment sortir de ses enfermements, de ce paradigme, de ses croyances d’un autre temps?

Par la sécurité intérieure. En d’autres termes, en étant fier de soi, confiant en soi et de le porter intérieurement. Une autre phrase peut être “en ayant suffisamment acquis d’amour de soi pour oser ses idées, ses passions, sa sensibilité et ses convictions”. Un sacré défi surtout si on vous a bassiner qu’être fier est de l’arrogance, qu’être confiant est prétentieux, qu’être à l’écoute de ses besoins est de l’égoïsme voir de l’égocentrisme et surtout une vraie preuve de manque d’humilité. Pas facile de suivre ses rêves lorsque l’on se fait traiter d’utopiste ou d’idéaliste et juger comme personne qui n’aurait pas les pieds sur terre. En tout cas, moi, c’est ce genre de discours que j’ai entendu et entends encore dans mon cabinet comme à l’extérieur. Quelles sont donc vos croyances à ce sujet, vos introjections comme nous disons dans mon milieu professionnel? Ici aussi, ce sont elles qui nous conditionnent et nous limitent. (Se mettre au vert est donc se remettre en question pour oser sa différence, son unicité, ses talents ou ses aspirations et se légitimer.)

Peut être difficile à lire et à admettre mais ce sont bien toutes nos croyances et notre monde intérieur qui créent (plus ou moins consciemment)  notre regard sur l’extérieur et notre vie. Et entendez moi bien, je n’émets pas de jugement de valeur mais je vous invite à voir si cela est bon ou non pour vous. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut plus avoir de croyances ou de pensées mais seulement de vérifier celles que vous souhaitez encore porter en conscience et en faire des valeurs..

En somme, qu’est ce qui vous fait avancer ? Vos blessures et vos réactions primitives de votre cerveau reptilien ou alors vos intentions et vos choix conscients de votre lobe frontal en harmonie avec vos émotions.

Mais je ne vous apprends peut être rien en fait puisque des grands hommes comme le Dalaï lama et Gandhi le disent aussi avec leurs mots. La violence extérieure n’est que le miroir de celle que nous nous imposons ou qui vit à l’intérieur de nous-mêmes, elle existe dehors pour nous permettre de la voir et la sentir dedans.

Commencer par la paix avec nous, la paix dans notre couple, la paix dans notre famille, la paix dans notre vie et peut être qu’un jour nous verrons la paix dans ce monde. Soyons le changement que nous voulons voir, c’est cela mon leitmotiv et cela commence par la relation consciente et authentique avec soi et avec l’autre. 

Le premier barrage à la violence et au conflit est une relation pacifique avec soi, dans notre couple et notre vie. Si je sors du rôle de victime et bien, comme par magie, le bourreau disparaît. Je sais que cela peut être difficile à entendre pour certains et certaines qui ont subis de graves et douloureuses expériences mais ce sont bien les peurs et le manque de confiance qui ont causés de telles conséquences.

Pour sortir de ses systèmes toxiques voir pervers et de ce cercle vicieux et auto destructeur,  une démarche d’accompagnement et d’éducation, voir de rééducation, bienveillante, chaleureuse, empathique, consciente, soutenante et actualisante est nécessaire et primordiale. Grandir est le processus naturel commencé à notre naissance, grandir en connaissance et en conscience est le processus actuel de chacun d’entre nous, pour que disparaissent la violence dans nos couples et dans nos familles, puis dans nos écoles et dans nos rues.

Je sais que cela peut paraître utopique mais même si le monde ne change pas, mon regard sur ce monde a changé et que c’est bon de vivre en paix dans mon cœur et avec les miens. Des hommes et des femmes en conscience et en paix feront des enfants bienveillants et respectueux, des gens heureux et joyeux. Se mettre au vert, c’est oser une nouvelle culture, celle de la paix et du bonheur, celle de la vie et du précieux de toutes les vies. Se mettre au vert est peut-être devenir écologique, créer cette relation écologique avec soi, l’autre et le monde.

se mettre au vert

A nous de choisir,  transmettre la peur ou inspirer le respect et la joie. Transmettre le combat et la lutte “contre” ou l’accueil et la marche “avec”.

Bonne suite, que le vert remplace le rouge, que le cœur remplace la peur. Qu’elle devienne une alliée et point un ennemi. Elle est ici pour vous indiquer un besoin comme toutes nos émotions (voir mon article sur les émotions).

En savoir plus sur l’écologie humaine.

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